samedi 4 mai 2019

Paupières Pause


Je vais faire la sieste. Je vais me mettre de tout mon petit long en travers du lit.
Je ne vais pas me mettre à ma place de la nuit, pour ne pas tenter les prochaines heures de trop dormir, de trop rêver. Pour ne pas embrouiller le rythme.
Juste quelques instants comme ils savent faire dans le sud. Je les ai observés. J'ai entendu ce silence qui règne après midi. Il n'y aura plus un bruit, seulement le chant d'une respiration gourmande de tout l'air possible. Une respiration qu'on laisse aller.
Je vais rabattre la couette comme le rouleau d'une vague. Je suis au bord du sommeil.
Ma chienne vient s'enfouir dans ma somnolence. On se pelotonne dans ce terrier.
J'ai l'oreiller dans les bras comme si je tenais l'assoupissement même.
On s'extraira 20 min, peut être un peu plus. Moins de 60. Le temps de renouveler, d'inventer un autre matin.
C'est à cela qu'elle sert cette sieste.
À recommencer à zéro l'humeur et le déroulement de cette humeur. À retrouver un départ sur lequel s'appuyer.
À ouvrir les yeux une seconde fois sur ce jour, pour le voir autrement. À avoir deux journées en une. À avoir un nouveau réveil.
Le réveil, fait tout. Le réveil c'est une renaissance.
Avec le vierge que cela apporte à la tête, de l'avoir laissée sombrer un peu ailleurs.
Elle en revient prête à beaucoup.
C'est ainsi que l'on espère souvent le lendemain. Le lendemain peut tout.
La sieste, ce n'est pas une pause. La sieste, c'est un rebondissement.
On invente grâce à elle un autre aujourd'hui.

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