samedi 4 mai 2019

Voeux Olympiques


La Grèce je ne connais pas.
Je n’y ai jamais posé mes spartiates.
Mon nez n’en a jamais humé le vent mythologique.
J’ai porté des robes que je nommais des toges en rêvant que le soleil de l’autre côté de mes paupières se nommait Hélios.
La Grèce, je ne connais pas.
Je n’y suis jamais allée. Il n’y a pas de raison à cela.
Mais j’ai chiné un jour ces verres. Pour 3 euros de poche.
Même pas deux paires. Le quatrième a dû être brisé avant moi, je ne l’ai pas connu.
J’en ai trois. Ils sont en pâte de verre, très épais, très lourds. Pas bien anciens.
Les bulles figées ont emprisonné le souffle du souffleur.
Ils ont cette bordure couleur d’un horizon qui vague.
Et chaque fois que j’en prends un en main, ce poids, fait pour ne pas se renverser sous une bourrasque, ce contenant, fait pour recevoir tous les frais des étés, face à une mer agitée par Neptune, chaque fois que j’y bois, je me crois là bas.
J’y crois. Je vois du bleu et je vois du blanc Chaux.
Il y a de ces objets magiques, et qui pourtant ne payent pas de mine, dont on n’aurait pas soupçonné un pouvoir tel, peut être même les aurions nous reposés au lieu de les emporter, ignorants de ce qu’ils pourraient nous représenter. On aurait pu passer à côté.
C’est à dire que ce pouvoir qu’ont mes verres, certainement je l’ai voulu.
J’ai dû désirer très fort la Grèce, une fois, à part moi, et ils étaient là à ce moment là, et j’ai fixé en eux mon évasion, qui dure le temps de quelques gorgées.
Et je voyage, et sans bouger.
Et peut être même que je n’ai alors que le meilleur de la Grèce. Le fantasme est ainsi fait qu’il est parfait et sans autre déception que la frustration.
Ces verres ne sont peut être même pas grecs !


Aucun commentaire:

Publier un commentaire