samedi 4 mai 2019

Voilà le tableau !


Prenons un matin. Et prenons un miroir.
Un miroir, c’est un cadre, c’est une toile vierge, dans lequel on peut tous les jours camper un nouvel autoportrait.
Ce miroir a planté le décor, et il n’attend plus que nous.
Le fond est déterminé, à nous de nous y installer.
Et nos vêtements sur leurs étages, sont autant de pinceaux à déposer sur une palette.
La glace, recevra nos esquisses. Et nos ratures.
Nous pouvons être issus de Matisse, de Rembrandt, de Delacroix, de Piero della Francesca, de Frida Kahlo, de Soulages, de Basquiat.
Et porter leurs couleurs.
Et faire vibrer des rythmes, et trouver la ligne de fuite, et trouver l’équilibre.
Et poser une touche de rouge sur nos lèvres. Et juxtaposer du jaune et du bleu, du rose et du brun.
Ou mettre un turban et se croire une odalisque.
Simone Rocha, la créatrice anglaise qui monte qui monte qui monte, s’est inspirée de l’œuvre de Louise Bourgeois pour sa prochaine collection de l’automne-hiver 2015-2016.
Dries Van Noten avait fait un défilé en hommage à Bacon.
Yves Saint Laurent a puisé chez Matisse, Braque, Mondrian.
Et si des couturiers, épinglent sur leurs murs des œuvres de grands maîtres, c’est qu’ils le savent bien, que s’habiller peut être pictural.
Que s’habiller, peut comporter cet amusement à composer.
Et faire entrer l’Art, dans la mode, c’est lui ôter la superficialité que certains voudraient lui coller.
Et si l’Art parle du Monde, et donc des corps qui le peuplent, le corps peut parler d’Art.
C’est être une peinture qui bouge et qui respire.

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